Beau doublé, Monsieur le Marquis

Paris est rempli indubitablement d’endroits magiques.

Le musée de la Chasse et de la Nature fait parti de ces endroits. La culture y a sa place, et le style aussi. Loin des clichés éculés que l’on pourrait avoir sur la chasse, surtout celle de la galinette cendrée dans le doux pays du Bouchonois, et de ce qu’est un bon ou un mauvais chasseur*, celui qui entre dans ce musée aura la chance de découvrir un endroit de toute BEAUTAY.

Ce qu’il est bon de parcourir un musée où la lumière est bien gérée, où elle ne se reflète pas sur les oeuvres de façon dégueulasse, à tel point qu’il faille se dandiner pour apprécier la scène qui se passe sous le vernis. Les couleurs choisies pour les murs créent une ambiance cosy digne du IXXème siècle, à tel point qu’avec les potes on veut aller habiter dans le musée. Tout est logique, fait pour mettre en valeur les oeuvres, les cartels ne sont pas envahissants mais cependant présents. (oui, on a pas besoin d’aller les chercher à perpéte les oies, à tel point qu’on se demande quel tableau correspond à quoi exactement).

Bon après certes, il faut aimer les animaux empaillés, les scènes de chasses, et la beauté de certaines armes. Je suis pas très très intéressée par ces dernières en général, si ce n’est repoussée en fait, mais il faut avouer qu’une crosse de tromblon ornée de marquetterie inspirée d’enluminures médiévales, datant du XVIIème, ça a quand même fait son petit effet sur ma personne. En plus, on peut jouer avec certains éléments de décor, ça fait cabinet de curiosité, on peut ouvrir des tiroirs… Cela rend la sortie un peu plus interactive.

Mais si en plus de tout ça, vous ajoutez à ce lieu idéalement niché dans le quartier du Marais, dans les hôtels particuliers de Guénégaud et de Mongelas, une exposition d’art contemporain qui se fond à merveille avec la collection de la fondation de la maison de la chasse et de la nature, bizarrement, je fonds. Le mélange de contemporain et de moderne a particulièrement été bien géré dans la sublime exposition « Beau doublé Monsieur le marquis », où l’on peut admirer des oeuvres de Sophie Calle et de Serena Carone. La scénographie est au top. On joue clairement sur le dévoilement de l’intimité, propre à Sophie Calle, mais aussi sur l’animalité.

Tout commence autour du voile blanc fantômatique qui a été posé sur l’ours blanc haut de plusieurs mètres, emblèmatique du musée. On est dans l’étrangeté. A côté, des commentaires des visiteurs du musée, des guides, sur ce qu’il peut y avoir sous ce drap. Drôle. Décalé.Et là, paf. Sophie Calle nous prend aux tripes, avec l’histoire du dernier cliché qu’elle a pris de son père, avant le décés  de ce dernier. Aoutch. Et elle en rajoute une couche juste derrière une petite cloison avec la mort de son chat adoré, Souris. Serait ce ceci, le beau doublé? On comprend tout de suite qu’on ne va pas sortir indemnes de cette histoire.

J’y suis allée avec un ami durant une nocturne, le musée était plein à craquer juste dans les derniers jours de l’exposition, c’est vous dire à quel point c’était couru. Mais là, ce n’était pas couru juste pour la hype. C’est justifié. Quiconque s’intéresse un peu à l’histoire de l’art et qui était sur Paris se devait d’aller voir ça.

Et j’en ai eu pour mon argent.

S’en est suivi un portrait/tombeau de Sophie Calle entourée de ses amis, symbolisés par des animaux empaillés plus ou moins exotiques (un petit plus pour le bébé zébre trop mignon), un dégradé de poissons, des sculptures de céramique de Serena Carone (mention spéciale à la Pleureuse et à la Rêveuse, on est dans l’onirisme le plus total… cela fait du bien d’être transportée par une création) et surtout, surtout, des petites anecdotes parsemées à travers le musée, sur la vie de Sophie Calle. Des moments touchants, complétement barrés, accompagnés d’objets qui rendent les histoires plus tangibles, plus sensibles…

Tellement barrés qu’on se demande si elle a vécu tout ça en vrai. La robe de mariée rouge sur le tarmac, pour ne citer qu’elle, par exemple. Ou encore les anecdotes sur sa carrière de stripteaseuse. Ou la lettre d’amour envoyée par un écrivain public. Je ne vous en dit pas plus, il est des choses qui se vivent, qui se voient. (et puis, vous n’aviez qu’à y être. Bande de Galopins. Au lieu de regarder Netflix!)Quand on lit tout ça on se dit vraiment qu’il ne tient qu’à nous d’incorporer un grain de folie dans nos vies, et sortir du quotidien paraît si aisé, pour peu que l’on ait un peu d’imagination. Et au pire, si on en a pas, Sophie Calle et Serena Carone en ont suffisament pour nous faire rêver pendant encore longtemps.

 

J’espere que cette chronique de visite de musée vous a plu, dans mes bonnes résolutions de 2018 il y a faire des visites de musées, et écrire. Lier les deux me permet de vous faire partager mes émotions, mes impressions, et renouer un peu avec mes études. N’hésitez pas à me dire en commentaires ce que vous en avez pensé! 

 

Le musée de la chasse et de la nature, c’est au 60-62, rue des Archives, Paris 3eme. Courez-y.

 

 

* pour ceux qui n’ont pas reconnu la citation du sketch des Inconnus, je vous dirai que oui, je vis encore dans les années 90. Et que si vous avez besoin, vous pouvez aller le chercher sur youtube.

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